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Habanera Walking

"Pregonero 1"

Dans les ruelles ensoleillées de La Havane, une voix s’élève.
Elle roule ses syllabes comme on fait tourner un bijou dans la paume, glisse entre les murs écaillés et s’envole par-dessus les balcons de fer forgé. C’est "le pregón", l’annonce chantée des vendeurs ambulants, héritée de la mémoire polie par des génération.

Dans les villages de France, c’est la cloche de l’église qu'on réveille ses habitants.
Au Maghreb, c’est l’appel à la prière qui ouvre la journée.
À Cuba, c’est "le pregón" qui réveille le coq… et tout le quartier qui répond au pain chaud du matin.
Les enfants accourent vers les camions de glaces dont la mélodie est inimitable. On vend le pirulí, le turrón de cacahuète, torticas, mereguitos, (des gâteaux faits maison), les terrons de pur sucre de canne (raspaduras), et mille autres ustensiles du quotidien.

"Le pregón" rythme la vie des quartiers et il vit avec son temps. Il n’est pas seulement un cri de rue : il a ses lettres de noblesse, car il possède un répertoire musical entier à son honneur, chanté par les plus grands, du son à la timba, jusqu’aux pulsations du reguetón.

Et même si l’UNESCO n’a pas encore inscrit son nom sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité, le pregón vit déjà là où il compte vraiment : dans la mémoire des marchés, dans les refrains des anciens et des jeunes, dans les coins de rue où l’on entend encore, entre deux éclats de rire, l’écho vibrant de sa poésie.

Poème associé

"Pregonero
Chaque cri est une invitation,
chaque appel un parfum,
chaque incantation au sens,
une couleur qui se dépose sur la ville
comme un voile invisible.
Pont vivant entre passé et présent,
Voix identitaire, qui marche
Souffle des vendeurs,
Rythme du peuple
Magie des mots improvisés.
Cœur de saveurs et mémoires "

©Liz Barthel
Tous droits réservés
01-12-2025

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