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Habanera Walking

"Ventana al basurero"

Maison Sentinelle
À l’entrée du quartier, elle veille.
C’est la maison de la marraine et du parrain — piliers silencieux, gardiens d’une communauté qui bat au rythme des entraides et des confidences. Entre ses murs se nichent les secrets de notre religion afro-cubaine, protégés comme un trésor, portés par la promesse d’une transmission intacte.

Derrière la grille verte, les arabesques de fer semblent danser, mais elles enferment aussi. Elles divisent, retiennent, freinent l’élan des rêves d’ailleurs et d’un avenir meilleur.
Face à elle, la décharge s’étale, rappel constant de la lente décadence de la ville et du système. Chaque matin, on s’y réveille avec la peur sourde d’être englouti par ses gravats.

Et pourtant, chaque matin aussi, la maison sentinelle ouvre les yeux sur l’espoir — tenace, indocile — qu’un jour, l’horizon s’éclaircira.

Poème associé

"Ventana al Basurero"
(Fenêtre à la décharge)
Et quand mon cœur à la fenêtre respire,
et son souffle s’essouffle dans les effluves de mes désespoirs.
Et mes aspirations prises au piège
derrière une grille rouillée
m’interdisant de sortir,
de partir,
d’avenir…..


© Liz Barthel Tous droits réservés
Poème -05 -2021

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