Habanera Walking
"Esquina Aguiar"

Sous le ciel nu de La Havane, moribunde, cette façade délabrée murmure.
Ses murs écorchés, privés de fenêtres, laissent glisser la lumière comme un soupir. Chaque brique craquelée porte les traces de vies effacées, d’amours égarés et d’espérances suspendues.
Ici, jadis, des regards s’échangeaient à la lueur d'un bougie, la brise empruntait les couloirs vides pour faire danser les rideaux fantômes. Pourtant, derrière les blessures du plâtre et la nudité de la pierre, subsiste la douceur nostalgique de tout ce qui fut : un passé vibrant, embrassant le silence avec délicatesse.
Elle ne s’effondre pas, elle résiste – témoin muet de la Révolution cubaine.
Au-delà du rêve et de la célébration de la beauté décadente, quel est le sort des âmes qu'elle abrita jadis? Tiendra t-elle encore longtemps début? Combien de temps avant la chute? Pour quand le renouveaux?
Poème associé
"Esquina Aguiar"
Les vitraux disparus comme un mirage
Dans les méandres de la vieille ville,
Laissant les fenêtres nues,
Comme les âmes,
Vides,
Comme les ventres.
Et la vie reprend ses droits,
car elle trouvera toujours une brèche pour éclore et nous laisser une lueur d’espoir.
Liz's
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mai 2021
