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"Arbre en première scène"

  • 6 janv.
  • 2 min de lecture


Une arbre dans bâtiment en ruines
Série Habanera Walking-Édition limitée

Le Gardien du théâtre est parti.

Il a tiré sa révérence.


En silence,

Il a vu sa gloire et sa décadence.


En silence,

Il s'est vêtu de la toile collante de l'araignée,

Veuve, Noire, Imperturbable.


Muré, dans son silence,

Il a vu la Renaissance d'un Colosse Capitole,

Fantôme d'un peuple,

qui s'est tu

pour toujours.


©Liz Barthel. Tous droits réservés.

Poème -29-07-2025



Le Théâtre Tacón. Prémisses d'une décadence annoncée.


Au cœur de La Havane, une énigme de pierres et d’oubli s’étendait, à l’ombre du Capitole éclatant.


J’ai eu la chance, un matin bleu et chaud de janvier 2018, de croiser son regard fatigué, de capter avec l'objectif et le pinceau le vertige de sa chute finale. Déchue de la mémoire et bannie des temples, comme un pharaon honni, un détail s’est offert à moi comme une signature : le blason du théâtre Tacón.


Ce bâtiment n’est pas tombé d’un coup. La décadence n’a pas fait de bruit. Elle a commencé lentement, presque poliment, sous le regard distrait des passants. Les murs tenaient encore debout, mais quelque chose déjà se retirait.

Et lui, l’arbre, voyait tout. Planté là comme un gardien muet, il a assisté à l’effritement, à l’abandon progressif, à la crise qui aujourd’hui éclate au grand jour. Il criait sans voix. Il appelait sans être entendu.


Il m’a laissé son nom. Son blason. Son histoire.


À Cuba, l’arbre n’est jamais neutre. Il est racine, mémoire, transmission. Il relie les vivants à ceux qui sont partis, les corps aux lieux, le présent à ce qui insiste encore. Quand un pays vacille, les arbres savent avant nous.


Dans Habanera Walking, je marche pour cela. Je regarde ce que l’on ne regarde plus. Je recueille ce qui tremble encore : la mémoire des lieux, la nostalgie douce, la réconciliation fragile avec ce qui nous fonde.

Par l’art, je deviens gardienne du temps. Je nourris l’histoire. Je constitue des archives sensibles – pour ceux qui sont là, pour ceux qui ont oublié, et pour ceux qui voudront savoir.


👉 La suite de cette histoire — celle du bâtiment, de sa transformation, de mon processus de création — se dévoile plus loin. Prenez le temps d’y entrer. Ici, le site est vivant. Et la mémoire, en mouvement.


🤍 C’est la première fois que j’ouvre un blog. Je n’ai pas de mode d’emploi, seulement l’envie de partager et de transmettre.

Si ce texte, cet arbre, ce lieu vous parlent, j’aimerais vraiment lire vos mots. Vos impressions, vos souvenirs, même quelques lignes.


Ce blog s’inscrit dans l’espace Iyawo Yemayá Studio.

Un lieu de création, de mémoire et de passage, où l’art devient archive vivante,

et où les histoires continuent de circuler.


Merci d’être là.



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