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Ni Muse Ni Soumise : Artiste

Mis à jour : 13 nov. 2019


J'ai l'immense plaisir et l'honneur de vous inviter à l'exposition "Ni Muses Ni Soumises: Artiste" qui va se dérouler dans le cadre de la Quinzaine de l’égalité de la diversité et de la citoyenneté. VERNISSAGE LE 14 NOVEMBRE 2019 A 19h00

Selon la position du collectif féministe français La Barbe, créé en 2008 afin de dénoncer l'hyperreprésentation des hommes dans le monde artistique, les femmes artistes (sujets actifs) subissent une invisibilisation étouffante alors que, par ailleurs, les corps féminins ultranormés (femmes blanches, jeunes, minces…) et hypersexualisés sont surexposés avec les modèles, les muses (sujets passifs) dans des œuvres qui reproduisent une vision et une représentation du monde de tradition masculine, hétéropatriarcale et coloniale.

Actuellement, dans les musées, entre 90% et 98% des œuvres exposées sont du fait des hommes. Le Musée des Beaux-Arts de Buenos Aires a, par exemple, réalisé une "coupure de courant féministe" en 2018 pour ne laisser illuminées que les œuvres exposées réalisées par des femmes : seulement 20 œuvres, parmi les 270 exposées ont pu être contemplées par les visiteur-se-s. Les ouvrages d'histoire de l'art ne citent presque jamais des femmes artistes : qui connaît aujourd'hui Sofonisba Anguissola ou Artemisia Gentileschi comme les grandes artistes de la Renaissance ou du Baroque ? Qui reconnaît Berthe Morisot comme l'égale de Manet ou Pissarro ? (cela devrait changer avec l'exposition préparée par le Musée d'Orsay en 2019 et consacrée uniquement à cette grande artiste impressionniste). C'est ce que dénonçait le collectif des Guerrillas Girls (qui portent toutes des noms d'artistes femmes oubliées ou invisibilisées et un masque de gorille) en 1985 quand le MoMa de New York a réalisé une exposition sur l'art contemporain qui réunissait seulement 13 femmes, parmi les 169 artistes présenté-e-s. Ces collectifs pratiquent par ailleurs des formes d'artivisme qui combine activisme et art contemporain en proposant des interventions dans l'espace public ou dans des espaces institutionnels pour dénoncer sans relâche le sexisme institutionnel mais aussi les préjugés sociaux au sujet des femmes, infériorisées, objectivées, méprisées, souvent à travers le regard créatif masculin. Le contrôle des femmes passent souvent par le contrôle du corps des femmes : les priver de l'action créatrice et les reproduire comme des femmes-objets que collectionnent musées et galeries, vidées de leur pluralité, anonymées, essentialisées, pétrifiées dans une individualité absolue et irréelle qui ne peut exister sans le regard à la fois créatif et destructeur des artistes masculins.

Ce projet souhaiterait questionner cette logique patriarcale qui prévaut dans le monde artistique (mais aussi dans toutes les formes d'art, la musique, la littérature, le cinéma, etc.), où les femmes artistes sont peu mises en valeur, quand elles ne sont tout simplement pas méprisées ou oubliées.

L'objectif est donc de mettre en valeur les femmes artistes, leurs créations, leurs œuvres, leurs influences dans des œuvres réalisées aussi bien par des femmes qui s'affirment comme créatrices que par des femmes et des hommes qui souhaitent interroger leur pratique et leur culture artistiques sous cet angle.

Événement organisé par MACLA Bordeaux

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